Au secours, Seigneur !

Postcommunion de la messe du 31 décembre.
« Ton peuple, Seigneur, a besoin de multiples secours pour sa traversée d’ici-bas, que ta bonté les lui donne aujourd’hui et demain : trouvant alors la force nécessaire dans les biens qui passent, il recherchera les biens éternels avec plus de confiance. »
Méditation.

S’il est fréquent que les oraisons des offices soient plutôt de courts textes de louange, ici l’Église se fait implorante. Oui, Seigneur, nous avouons humblement que, non seulement nous avons besoin de nombreuses aides tous les jours, mais que sans Vous, nous ne pouvons rien faire. Notre vie sur terre n’est qu’une traversée, elle n’est pas en elle-même le but ultime. Cette traversée est marquée par la souffrance et le combat, mettant en difficulté la soif ambiante de plaisir, de passion, ce désir impérieux de nos contemporains de suivre leurs envies. Si nos plaisir, nos passions et nos envies, voir même nos désirs profonds sont légitimes en soi, ils se trouvent, qu’ils le veuillent ou non, confrontés à des affronts menés par les soucis, les embûches, les malheurs, les souffrances de toutes sortes. Notre traversée est un long combat, souvent violent. Et nous avons besoin de grands secours, en particuliers en ces temps qui sont les nôtres, car nos souffrances dites « d’ici-bas » sont très intimement liées au grand combat eschatologique qui se joue de façon plus invisible, celui du salut des âmes. Nous sommes le théâtre d’une lutte qui en partie nous dépasse, car les Cieux et l’enfer se querellent nos âmes.

Il est surprenant de voir l’Église demander ses secours à la fois pour aujourd’hui et pour demain. Le Notre Père nous a appris à ne demander que ce dont nous avons besoin pour « ce jour », pour aujourd’hui seulement, alors que demain s’occupera de lui-même, si l’on fait confiance en la Providence. Ici, dans cette oraison, les secours sont demandés pour aujourd’hui et demain, c’est-à-dire comme elle est prononcée le 31 décembre, pour l’année qui s’ouvre.

Les secours demandés semblent concerner les biens d’ici-bas. Il est souhaitable que les grâces que nous demandons au Seigneur concernent avant tout notre salut et nous avons bien trop tendance à négliger ces grâces-là, oubliant que nous avons grandement besoin d’être sauvés. Mais bien sot celui qui néglige aussi les biens terrestres, ceux qui passent. Ils ont beau passer, ils s’avèrent importants, voire vitaux pour notre traversée.

Il est frappant de constater la relation existant entre la satisfaction à minima de nos besoins terrestres et notre capacité à rechercher les biens qui ne passent pas. La relation résiste justement dans la confiance. En effet, à trop souffrir du manque de biens qui passent, l’on n’a plus la force de travailler à rechercher les biens supérieurs.

C’est pourquoi, demander un toit approprié, la santé, un travail rémunérateur, un équilibre psychologique, de la reconnaissance et tout ce dont nous avons objectivement besoin aujourd’hui n’est pas un luxe, mais le moyen d’aller plus loin, vers notre destinée ultime. Quand la souffrance nous prive des besoins fondamentaux de l’homme, la question des biens éternels tombe plus facilement aux oubliettes.

Pour se donner, il faut se posséder. L’on ne peut se donner que si l’on est rempli. Ce n’est pas de l’égoïsme, c’est du bon sens.

« Ton peuple, Seigneur, a besoin de multiples secours pour sa traversée d’ici-bas, que ta bonté les lui donne aujourd’hui et demain : trouvant alors la force nécessaire dans les biens qui passent, il recherchera les biens éternels avec plus de confiance. »

Publié par Anne-Marie MICHEL

Pigiste catholique, je m'efforce de témoigner de ma foi dans le Christ, chemin, vérité et vie. Ainsi, ce qui est vrai, bien et beau m'élève et ce trésor se partage. Notre temps est encore celui de la miséricorde, eleos en grec, alors proclamons-la à temps et à contre-temps !

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