Annonciation

Le sermon de la messe retransmise ce soir sur KTO, en cette solennité de l’Annonciation, nous invitait à réfléchir sur les trois mots suivants : quomodo, fiat, magnificat.

« Quómodo fiet istud, quóniam virum non cognósco ? » demande la Vierge Marie à l’Archange Gabriel en Lc 1, 34. Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme ? Comment ? Légitime question, posée sereinement par la Vierge, car elle sait qu’elle veut rester vierge. Il n’est nullement incongru de questionner Dieu sur ses desseins, sur ses intentions et sur la manière avec laquelle Il compte agir. Encore faut-il faire preuve d’une immense humilité pour accepter SA réponse ! D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que le fruit du mystère de l’Annonciation est bien l’humilité. Avons-nous assez d’humilité pour accepter la réponse divine à nos « Comment ? » Comment cela va-t-il se passer ? Et maintenant que nous sommes près de trois milliards de terriens à être confinés, comment cela va-t-il se passer ? Comment allons-nous nous relever de cet événement mondial ? La litanie des comment est interminable et se décline selon les problématiques de chacun. Comment vais-je finir mes fins de mois ? Comment vais-je sauver mon entreprise ? Comment vais-je faire pour mes examens de fin d’année ? Comment vais-je mener mes entraînements sportifs pour mes prochaines compétitions ? Comment vais-je me relever de mon deuil ? Comment allons-nous sauver le système hospitalier ? Comment allons-nous sauver l’économie nationale, mondiale ? Comment la société va-t-elle évoluer ? N’ayant aucune « jurisprudence » en la matière, nous n’en savons rien. Cet inconnu peut provoquer étonnamment en nous une grande joie, car nous sommes invités à faire confiance en la Providence. Mais pour cela, il faut vivre une grande conversion, que j’appelle de tous mes vœux depuis toujours. C’est mondialement si urgent. Abandonnons-nous à la Providence, avec l’humilité de la Vierge Marie ! Acceptons, enfin, que Dieu prenne les rênes de nos vies, selon Sa Volonté et non la nôtre, même s’il faut souffrir.

Fiat ! Qu’il me soit fait selon votre Parole ! Voilà un verset de l’Évangile à répéter sans cesse ces temps-ci, telle une oraison jaculatoire ! Il nous prédisposera à cette humilité, cet abandon, cette confiance que le Seigneur réclame de nous depuis si longtemps, mais l’emballement de nos vies et du monde nous fait passer à côté, trop souvent. « Nous sommes aveugles de tout l’avenir – à la fois celui du monde et celui de notre propre destinée. La seule solution [… ], c’est de s’abandonner avec confiance à la volonté de Dieu, puisque celle-ci se confond avec le souverain bien. » (S’abandonner : résignation ou force d’âme ?, Les réenchanteurs associés, Monte-Cristo)

Et nous avons raison de faire confiance, car la progression des trois mots de l’évangile proposée dans le sermon évoqué ci-dessus nous annonce que le mot de la fin est Magnificat. Tous les discours politiques pourront toujours nous raconter ce qu’ils veulent, tous les pronostiques des experts, tous les débats médiatiques, tous les bavardages relatant nos stress personnels et communautaires ne seront que blabla. Ce qui compte, c’est notre disposition du cœur à dire Fiat à la Volonté de Dieu et alors, alors seulement, nous comprendrons que nous pourrons enfin chanter Magnificat ! Car Dieu n’est pas absent de la situation actuelle, c’est nous qui sommes absents du cœur de Dieu ! Depuis si longtemps, si longtemps ! Nous crions vers la Sainte Vierge ces jours-ci, mais elle a crié vers nous depuis si longtemps, sur notre terre nationale : elle nous appelle depuis si longtemps à Lourdes, à Pontmain, à Pellevoisin, à la Salette, à l’Île Bouchard, etc. Qui pourra dire que nous ne savions pas ?

Alors, si nos Quomodo-comment sont légitimes en ces jours incertains, nos Fiat sont nécessaires. Et Dieu saura transformer nos deuils en une danse de Magnificat !

Publié par Anne-Marie MICHEL

Pigiste catholique, je m'efforce de témoigner de ma foi dans le Christ, chemin, vérité et vie. Ainsi, ce qui est vrai, bien et beau m'élève et ce trésor se partage. Notre temps est encore celui de la miséricorde, eleos en grec, alors proclamons-la à temps et à contre-temps !

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